Centenaire et membre du 97e cours

Georges-Étienne Hétu se souvient …

Mychel Lapointe (136e)

 

Le visage de Georges-Étienne Hétu s’illumine quand on fait allusion au Collège de L’Assomption.

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Georges-Étienne HÉTU , 97e cours (Photo en date du 27 mars 2017)

On sent alors de la fierté dans la physionomie du plus vieil ancien vivant (connu) de notre vénérable institution.

Quand il raconte son passage au Collège, de 1929 à 1937 au sein du 97e cours, on comprend rapidement que la mémoire de Georges-Étienne (100 ans bien sonnés) ne lui fait pas défaut un seul instant.

Même qu’aucun détail ne lui échappe. Il se souvient très bien du contexte.

«Côté études, ça allait très bien, mais, côté règlement, c’était une autre affaire… On suivait le règlement du Grand séminaire de Montréal. Il fallait demander la permission pour aller aux toilettes… » note-t-il avec une moue qui en dit long.

Un horaire chargé

Il faut dire qu’à l’époque, les études classiques au Collège de l’Assomption (comme dans les autres institutions privées de l’époque) laissaient peu de répit aux élèves.

Après le réveil, dès 5h00, s’ensuivaient la prière, puis la messe matinale.

Ensuite, une courte période d’études suivie du déjeuner vers 7h30, d’une première séance en classe entre 8h00 et 10h00, de la récréation du matin, des devoirs de 10h15 à 11h45 et du dîner sur le coup de midi.

L’après-midi débutait avec une séance d’études d’une heure, avant qu’on se retrouve en classe de 14h00 à 16h00. Puis, une récréation précédait la période de devoirs, jusqu’au souper. Une autre heure d’études se déroulait entre 20h00 et 21h00 et les élèves allaient au lit vers 22h00.

Cet horaire exigeant prenait une pause pour un congé les mardis et jeudis en après-midi.

«Nous étions tous pensionnaires. On couchait dans les dortoirs. Mais on pouvait manger à l’extérieur du collège où ça coûtait moins cher. Souvent, on apportait des légumes de la ferme de mon père à Saint-Sulpice…» explique M.Hétu.

Du collège à l’oratoire

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Georges-Étienne HÉTU_97e

Georges-Étienne Hétu était le plus jeune de sa classe. Des quelque 120 élèves qu’on y comptait au départ, on estime que moins de la moitié (55, pour être plus précis) seulement y ont complété leur cours classique.

«C’était au temps de la crise. Plusieurs se voyaient obligés de quitter leurs études…» explique M.Hétu.

Ce ne fut pas le cas de Georges-Étienne qui avait d’ailleurs fait un drôle de pacte avec deux de ses confrères du temps.

«Jean-Paul Laporte, Gérard Gourd et moi avions convenu que le premier des trois qui obtenait son diplôme du premier coup marcherait du Collège de l’Assomption à l’oratoire Saint-Joseph (à Montréal). Comme j’ai été le seul des trois à avoir réussi. Je l’ai fait… » confie-t-il, fièrement.

Une petite ballade de huit heures de marche qui devait se conclure (pratique du temps oblige) par une ascension de la centaine de marches extérieures de l’oratoire à genoux.

Une longue tradition familiale

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Achille HÉTU, 53e cours

On peut dire sans se tromper que l’histoire du Collège de l’Assomption et celle de la famille Hétu de Saint-Sulpice sont intimement liées.

Né le 27 octobre 1916, Georges-Étienne Hétu est le fils d’Ambroise-Achille (connu sous le prénom d’Achille) du 53e cours, qui a vu le jour à Saint-Sulpice le 14 décembre 1873 et est décédé le 4 mars en 1955.

Il est, entre autres, le frère de Raymond Hétu (92e), mais aussi le cousin de Robert Hétu (92e), le neveu d’Euclide Hétu (59e) et beau-frère d’Alexis Masse (96e).

Par ailleurs, Georges-Étienne est le cousin d’Ambroise Hétu (105e) qui a enseigné le latin pendant de nombreuses années au collège et y a résidé pendant longtemps. Il est décédé à Montréal en 2016 à l’âge de 93 ans. Il laissait alors dans le deuil, ses frères Robert (118e) et André (120e).

Georges-Étienne se plait d’ailleurs à souligner que son cousin Ambroise a fait ses études au Collège de l’Assomption avec les livres que sa tante Angéline Amyot (mère de Georges-Étienne) lui avait donnés.

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Pierre-Narcisse HÉTU, 26e cours

Notre centenaire est aussi le petit-fils de Pierre-Narcisse (connu sous le prénom de Pierre) du 26e cours, qui est né le 20 juin 1847 et est décédé le 19 juillet 1928.

«Pierre était un intellectuel. Je ne sais pas pourquoi il a fait un cultivateur … Les autres cultivateurs venaient le voir pour lui demander des conseils» lance, tout bonnement, Georges-Étienne au sujet de son grand-père.

Soulignons d’ailleurs que pendant un certain temps, la famille Hétu comptait  six ou sept terres consécutives (géographiquement) à Saint-Sulpice.

Le plus vieux retraité

De son propre aveu, Georges-Étienne Hétu n’a jamais été attiré par les travaux de la ferme. De toute façon, son petit gabarit ne le prédisposait pas à cela. Marié le 12 mai 1945 à Rita Dupuis avec qui il habite depuis 1951 dans une petite maison du secteur montréalais de Lachine, il a plutôt fait carrière en comptabilité.

Après ses études au Collège de l’Assomption, Georges-Étienne Hétu a obtenu un baccalauréat Ès arts de l’Université de Montréal. Il aurait souhaité faire des études aux HEC. Mais, ça n’a pas été possible. Il a plutôt complété un cours de comptabilité par correspondance.

Il a notamment travaillé au Consulat de France à Montréal («Je me disais que ce serait bon pour mon curriculum  vitae … J’ai bien aimé mon stage»).

Par la suite, pendant 20 ans, il sera gérant de bureau pour Construction Deschamps qui bâtissait des maisons à Québec et Lauzon, pour ensuite œuvré pendant 18 ans à Montréal pour la même compagnie.

Il a poursuivi sa carrière au «comité conjoint unité de la construction» pendant 18 ans. Il est aujourd’hui le plus vieux retraité de l’Office de la construction du Québec qu’il a quitté  en 1977.

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Gaëtan HÉTU (fils), Georges-Étienne HÉTU (97e), Rita DUPUIS (épouse)

En outre, au fil de sa carrière professionnelle, Georges-Étienne Hétu a vécu une expérience désagréable.

«Je me suis enrôlé (le mot n’est pas trop fort) dans un bureau du gouvernement fédéral. J’étais pris là, incapable d’en sortir. C’est le lieutenant-gouverneur du temps (Ésioff-Léon Patenaude) qui est intervenu pour que je puisse quitter».

Le couple Dupuis-Hétu a eu quatre enfants (Francine, Gaétan, Hélène et Michèle). Georges-Étienne est l’oncle de Richard Dupuis (132e) et Charles Dupuis (137e).